jeudi 16 mai 2013

Henri Matisse - Intérieur, bocal de poisson rouges - printemps 1914

Près de la fenêtre d’une petite chambre, Matisse a peint des poissons dans leur bocal. Il a utilisé du bleu foncé pour exprimer la nuit (rien de plus normal) et quelques touches de jaune pour les reflets de la lune. Une plante morte est à côté du bocal contenant les deux poissons. Cette plante morte est penchée vers le bas comme si elle dormait. Tout parait calme et en dehors il n’y a pas d’agitation.

Une certaine frigidité qui ressort du tableau, mais un élément intervient et va changer cette impression. Il s’agit des petits poissons, un peu comme le parfum d’une glace qui vient faire effacer la froideur de celle-ci. L’un d’eux a l’air déçu ; il nage vers le bas, l’air maussade. L’autre, plus petit, est plus craintif. Il hésite à monter en haut du bocal, comme s’il savait ce qu’il allait se passer. Et pourquoi remonter ? Serai-ce pour sauter et partir dans le fleuve qui est si proche ?, de l’autre côté de la fenêtre ? Ou bien pour mieux voir la chambre ? En tout cas, ils tourneront en rond jusqu’à la fin de leur vie. Un peu comme nous, ils vivront de façon monotone.

Pourtant, le spectateur pourrait  se poser une question : Qu’est-ce donc cette vue par la fenêtre ? Serait-ce l’inconnu, la représentation parfaite du monde ou la liberté ? En tout cas, Henri a fait beaucoup de liens entre la partie connue et la partie plutôt imaginaire. Par exemple les reflets de la lune ou la couleur verdâtre du trottoir et du liquide si proche de nous. On peut remarquer aussi  l’absence de fenêtre et le fait que la grille soit fine. La plante peut faire aussi le lien avec la vue par la fenêtre ; pas autant pour que les poissons rouges puissent quitter leur petit bocal. Tout peut encore leur arriver. Ils peuvent risquer et découvrir de nouvelles choses, ou rester dans leur bocal et continuer à tourner en rond.
Radu Bradatan

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